BP : MINATD Cameroun : Tél: (+237) 222 23 52 60 Email : sdacl@minatd.gov.cm
  • En ligne
  • 263

Sécurité: la menace des armes artisanales

Sécurité: la menace des armes artisanales

 

C’est un détail qui, de ce fait même, passe généralement inaperçu dans les différents faits divers de braquages et autres agressions à main armée relayés par la presse. Dans l’arsenal qu’utilisent les malfrats pour accomplir leur sale besogne, se trouvent généralement une ou plusieurs armes artisanales. C’est le cas pour la bande à Salvador Feuwo Tagne alias Rica, ayant sévit dans les localités de Loum, Melong, Mbanga, Kekem, Baham et même à Logbaba, un quartier de Douala, avant d’être appréhendée en juillet dernier. Les tristes sires avaient en leur possession pas moins de sept pistolets de fabrication artisanale. Au cours de leur exploitation par la police, les présumés braqueurs ont indiqué qu’ils avaient acquis ces armes dans un village de la région du Nord-Ouest. Les nommés Robert Fomekong et Jean Ernest Tchinda étant présentés comme les fournisseurs. Selon le délégué régional à la Sûreté nationale pour le Littoral en charge du dossier, l’enquête se poursuit pour mettre la main sur le fabricant basé dans le Nord-Ouest.

 

Selon les autorités compétentes en charge de la sécurité, les armes de fabrication artisanale prolifèrent actuellement au Cameroun. Même si les dégâts qu’elles causent sont enregistrés un peu partout dans le pays, les foyers de mise en circulation ont été clairement identifiés dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. « Ce n’est pas une stigmatisation pour les zones concernées. Il s’avère seulement que les peuples qui y sont installés ont une tradition ancestrale de manipulation des métaux, du fer, du souffre et de la poudre à canon. Avant même que ces gens ne soient au contact de l’homme Blanc pendant la colonisation, ils connaissaient déjà les armes à feu. De plus, leur usage dans les cérémonies traditionnelles est régulier et signe de prestige. Hélas, des esprits mal intentionnés se sont greffés à ces sources pour s’approvisionner et commettre des forfaits », explique un responsable de la gendarmerie nationale.

Ainsi, il ne passe pas un mois sans que des bandits de grands chemins ne soient pris, munis d’armes artisanales. Selon des sources policières, 108 braquages ont été enregistrés dans la seule région de l’Ouest en 2011. Et à chaque fois, les bandits ont tenu des honnêtes gens en respect grâce à ces « joujoux ». Voyageurs, opérateurs économiques, hommes politiques, mères de famille, anonymes… sont régulièrement victimes d’attaques sur les axes routiers ou dans les domiciles. « En vérité, la situation est de plus en plus inquiétante car ces armes sont accessibles à tous. Avec 25.000 ou 50.000 Frs, vous obtenez un de ces engins de la mort chez un forgeron un peu partout dans la région. En particulier dans les villages où cet art est séculier », confie un gendarme sous anonymat. La situation est si préoccupante que le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a invité tout le commandement à y mettre bon ordre. Dans les délais les plus brefs.